lundi 17 décembre 2012

La ville des Pierres sous l'Orage




 La porte de la plus grande  prison de Goma,  Munzenze  a été détruite la nuit a la veille de l’entrée du M23 dans Goma le 20 novembre et  vidée des ses détenus lors de la chute de Goma. Plus de 1178 détenus avaient  été relâchés par le M23 et errent dans la nature dans la ville des pierres. Une prison construite a l’époque des colons pour seulement  150 personnes. La pluparts des  fugitifs sont des violeurs, voleurs et criminels. En  moins d’un mois  ces hors la loi ont attaqués des personnes et  maisons dans certains  quartiers périphériques de la ville.  

 La police  déployée pour sécuriser la ville et les habitants n’a pas un effectif assez important et manque de logistique assez important pour défendre la population dans sa globalité.  
Un officier de la Police nationale congolaise a été tué par des personnes armées non autrement identifiées, à Goma dans le Nord-Kivu, vendredi 14 décembre tard dans la nuit,  un échange des tirs a opposé deux bandits armés et des policiers  au quartier Virunga.

 Pour faire face a cette emprise d’insécurité qui caractérise la ville, la population elle-même se charge du sort des  ces derniers par la justice populaire. Elle les lapide et brule vifs. Une dizaine des personnes (bandits) ont été tuées et d’autres calcinées par la population.  Parlant de la justice, elle n'est pas encore mise sur pieds  à Goma.




lundi 26 novembre 2012

Goma apres six jours de Crise





                                       
 Le soleil brille ce beau matin du lundi 26 novembre 2012.




                                     

 Dans les rues de mon quartier les gens vaquent à leurs occupations quotidiennes comme ils en ont l’ habitude,un de quartiers  de la ville volcanique sans doute différent d’autres,  réputé pour son mouvement et son Brouhaha. Car on se croit toujours dans un marché.  Les activités reprennent  dans la ville boutiques magasins ouvrent.  Les Gens se promènent, la vie la reprend son élan habituel. La population est butée au problème d’eau et d’électricité. 

Depuis la prise de  Goma par le Mouvement du vingt trois mars (M23) la ville est sans eau ni courant, pour s’approvisionner  la grande partie de la population  chemine vers le lac Kivu se trouvant pour la plupart a des kilomètres de leurs quartiers et maisons.
                                  
 La ville de nouveau éclairé par des réverbères après une semaine d’obscurité



                                                                                                                                                                                                                   
               

Pas d’universités ou d’écoles ouvertes ce lundi.         









 les Banques n’ouvrent  pas leurs portes, la vie devient de plus en plus compliqué pour les habitants                                                                           






Goma contrôlé par le M23.  Les habitants de deux provinces voisines (Goma et Gisenyi) continuent avec  leur activités de petit commerce pour soutenir leur famille en difficulté pour eux la politique ne leur dit absolument rien...."




lundi 29 octobre 2012

NOUVELLE VERSION DE L´ODYSSÉE D´UN FANTÔME ( Extrait de l´Acte I )



            by Antoine Vumilia on Monday, October 29, 2012 at 11:08am ·

115  Dans les rangs de l'armée, c´est la grande purge. Les  officiers originaires de l´est sont écartés du commandement des troupes. Il ne se passe pas un jour sans que dans la capitale on apprenne la disparition des kadogos par dizaines.
57 Rires. Opération vautour.
115 Oui, opération vautour de triste mémoire.
57 Rires. Je vois bien que cela vous a foutu une trouille. J´étais  le commandant de la ville à l´époque. 8 de nos 11 provinces étaient touchées par la rébellion. Les principales villes minières étaient menacées. Nous n´allions pas rester las bras croisés, tout de même ! Il fallait à tout prix éviter de se faire surprendre à Kinshasa.
115 On n´avait rien à voir avec la rébellion. Nous réclamions un meilleur salaire, la fin des discriminations et des disparitions forcées, voilà ! Je m´étais fait arrêter et intimider une fois sur mon lieu de travail. On me soupçonnait de je ne sais plus quoi. Je ne suis pas le seul à avoir subi ce sort. A cause des disparitions, ceux des kadogos qui habitaient les casernes les ont désertées et ceux qui habitaient en ville se réfugiaient sur les toits des maisons la nuit venue, avec armes et munitions.
89 Les camions couverts de bâche reprennent du service, pour les kadogo, cette fois. Les fosses communes à nouveau ouvrent leurs ventres pour se nourrir de leurs corps jeunes.  Les sous-sols des geôles de la présidence encore baignent dans le sang. Et les poissons du fleuve Congo font ripaille de leurs chairs aux rapides de Kinsuka.
115 Ceux qui le peuvent encore  se regroupent en petites grappes désorganisées. De petites caches d'armes se constituent dans les plafonds de Kinshasa, des projets d'embuscade se concoctent dans le noir. On conspire sans trop savoir comment s'y prendre par la suite, avec  dans la tête pêle-mêle des idées de putsch, de mutinerie ou de révolution, mais surtout un profond sentiment de désillusion et le désir d'en finir vaille que vaille.
57 Vous avez conspiré.
89 C´était la seule façon de respirer.
57 Vous étiez instrumentalisés par Masasu.
89 Le commandant était déjà en prison et n´allait pas tarder à être exécuté.Il n´y était pour rien.
57 Eh bien , il l´aura mérité.
115 Kabila aussi l´aura mérité parce qu´il n´a tenu que 45 jours après la mort du commandant.
57 Donc vous l´avez tué pour venger la mort de votre «  commandant » ?
115 C´est la thèse officielle. Je la trouve trop simple.S´est-on une seule fois posé la question de savoir à qui a profité le crime ?
57 Allons-nous refaire le procès ici ?
115 Puisqu´il y a eu un procès, selon toi ?
89 Et si on parlait d´autre chose ?
115 Nous sommes en train d´écrire une histoire, 89. Tu as oublié ton texte pour ce spectacle ? Où en étions-nous déjà ?
89 À l´opération vautour…
115 C´est la débandade parmi les kadogo. Ceux qui le peuvent traversent le fleuve. Certains se font rattraper. On retrouvera trois jours plus tard leurs corps flottant là-bas au loin, coincés entre les rochers des rapides de Kinsuka, en partie rongés par les poissons du fleuve Congo.
89 C´est  là que  le chien du roi, en entrant en clandestinité, inaugure son destin de fantôme. Tel un fantôme je suis là sans vraiment y être. Tel un fantôme je vois sans pouvoir ëtre vu sauf par des clairvoyants. Tel un fantôme je n´ai pas la paix. Ombre de moi-même, j’erre dans une ville qui ne me reconnait plus, et c´est tant mieux.
115 Je ne peux plus me rendre sur mon lieu de travail sans craindre de me faire arrêter et exécuter. Aussi, ne pas aller au  travail est une…
57 Insubordination, désertion en temps de guerre, fuite devant l´ennemi. Trois fois la peine capitale.
89 Le fantôme va frapper à la porte d´une ONG de défense des droits de l´homme... Je n´en peux plus. Aidez moi. Trouvez-moi une cachette…n´importe où. Faites-moi quitter ce pays, si possible. J´ai une femme et un bébé de sept mois. C´est vrai que ma femme ne veut pas partir. Elle se dit à 100% Congolaise, qu´il n´y a rien à craindre, que les choses vont finir par s´arranger…C´est vrai, mais je pourrais la convaincre. (Un temps) Ah, bon ! Vous pensez que je devrais encore attendre…Je comprends, comme vous le dites, que vous avez une forte demande ces temps-ci. Mais tout de même…
115 Nous cinq soldats, réfugiés dans une petite maison depuis plusieurs jours. Le commandant vient d´être assassiné au Katanga après un simulacre de procès.
57 Inculpé, jugé, condamné et exécuté.
89 En une seule nuit, quand même…Et pourquoi en pleine brousse ?
57 Nous n´osons pas mettre le nez dehors, mais nous pouvons voir passer régulièrement les véhicules de patrouille de l´armée et ceux de la mission des Nations-Unies. Et puis cette idée qui émerge de l´un d´entre nous.
89 Ecoutez les gars. Nous ne pourrons plus tenir longtemps dans cette situation. Si Kabila s´est laissé manipuler par les faucons de son entourage jusqu´à assassiner le commandant, c´est qu´il est  devenu complètement fou. Et la communauté internationale, on ne peut rien en attendre.
ville. Je propose qu´on fasse parler la poudre dans tout Kinshasa. Au moins on entendra parler de nous.
57 Quand il apprend la mort de Masasu, Kabila est triste. Comme s´il regrettait d´avoir écouté mon conseil. Il ne semble toujours pas comprendre que cet homme était devenu un danger pour toute la nation. Pour une fois j´étais d´accord sur quelque chose avec son fils, celui dirigeait la force terrestre. Ah, ce jeune-homme, une vraie peste !
115 Il était ton chef hiérarchique, et tu ne voulais pas lui présenter tes rapports.
57 Je recevais mes ordres directement du père. Je n´en avais rien à faire avec ce soit disant fils. Du reste il s´en dit des choses sur cette paternité !
89 Tu avais la fâcheuse habitude d´être toujours derrière les mêmes filles que lui, voilà le problème.
115 Il rit. Comme la charmante  capitaine docteur Véronique. Tu te rappelles ? Celle qui faisait les massages au président. D´ailleurs je me demande si à un certain moment vous ne vous êtes pas retrouvés dans un ménage à quatre. 89 et 115 rient.
57 Si c´est comme ça que cette histoire va s´écrire, franchement…
89 Il ne faut pas sous-estimer la perspective du jupon et de la braguette quand on veut écrire l´histoire.
57 Vous êtes dans quoi ? Da Vinci Code ?
Et toi 89, c´est quand même curieux que tu aies attendu si longtemps pour qu´en fin tes yeux s´ouvrent sur la nature corrompue d´un régime que tu as servi. Tu as attendu qu´on te touche sur la fibre identitaire, pour croire à toutes les critiques que les jaloux proféraient contre notre chef.
89 Je m´étais mépris dès le départ, en sautant dans un camion qui ne se rendait pas à Goma. De même ce mouvement n´était pas une révolution, mais un montage capitaliste pour contrôler…
57 D´où te vient cette lucidité soudaine.
89 Il faut du temps pour se rendre compte et sortir du somnambulisme pseudo révolutionnaire.
57 Il faut aussi du temps avant de s´engager dans un mouvement.
89 J´étais trop jeune…
57 Lâcheté.
89 Je n´avais pas assez d´information…
57 Mensonge.
89 Non, j´assume le fait que…
57 Eh bien, assume jusqu´au bout ! Un temps. Franchement j´attends que tu me dises qui tu espères faire danser avec une histoire pareille. Tous rient.

vendredi 26 octobre 2012

La fermeture de la frontière entre la RDC et le Rwanda fait des mécontents




Entre 18 heures et 6 heures du matin, les frontières entre le Rwanda et la République démocratique du Congo seront fermées. La mesure du gouverneur de la province du Nord-Kivu est tombée ce 21 octobre sans plus d’explications qu’un simple réaménagement des horaires. Est-ce pour lutter contre l’insécurité ou un signal qui montre que les autorités congolaises contrôlent encore cette partie du pays?

«Les postes frontaliers de la Grande et la Petite barrière ouvriront désormais à 06hoo du matin et fermeront à 18hoo locale», rapporte la Radio Okapi, la radio des Nations unies en République démocratique du Congo ce 23 octobre.
Selon Julien Paluku, gouverneur de la province du Nord-Kivu, cette mesure est prise pour réaménager les horaires d’ouverture et de fermeture des frontières entre Goma (ville congolaise) et Gisenyi (ville rwandaise).

Taximen-moto mécontents

Cette mesure rappelle curieusement une autre décision prise en début de ce mois toujours par le même la même autorité locale. Le 10 octobre, plus aucun transport en commun, en particulier les taxi-motos ne pouvaient circuler à partir de 18h30 jusqu’à 5heures du matin suite a la recrudescence de l’insécurité. «Nous devons prévenir des cas d’assassinat et de meurtres que nous sommes en train de vivre. Dans la plupart des cas d’insécurité, il y a une facilitation manifeste des motards. La facilitation des jets de grenades et du transport des assassins dans les quartiers où les véhicules ne circulent pas», avançait le maire de la ville.
Décision absurde pour certains habitants de Goma qui estiment que c’est pourtant grâce à ces taximen qu’ils pouvaient rentrer tard à leurs domiciles. D’autres se sentaient rassurer dans l’obscurité en voyant les lumières des motos. Pour les motards, c’est un manque à gagner que d’arrêter de circuler à peine la nuit tombée. La ville devient déserte et les clients rares.

Les filles de joie en colère

Pour les professionnels du sexe, cette mesure rend difficile l’exercice de leur métier. «On reste cloué à la maison sans rien faire alors que nous gagnions notre vie avec notre travail( la prostitution ndlr). Sans transport de nuit, nous craignons d’aller dans les boites de nuit à pieds car nous sommes tracassés maintenant par les forces de l’ordre déployées dans certains coins de la ville pour arrêté les motards qui vont au-delà de 18h30», déplore Jémima, dans la vingtaine et professionnelle du sexe. Pour exprimer leur mécontentement, les filles de joie menaceraient de descendre dans les rues de Goma si aucune solution n’est trouvée pour faciliter leurs conditions de travail. Les populations de Gisenyi au Rwanda et d’autres villes environnantes congolaises, dont certains vives d’un côté de la frontière et travaillent de l’autre côté voient leur quotidien perturbé par cette mesure.

Malgré cette fermeture de frontières, les relations diplomatiques entre la RD Congo et le Rwanda continuent malgré des pics de tensions à cause du soutien du Rwanda à la rébellion du M23. Leurs différentes ambassades restent ouvertes en dépit des condamnations du soutien rwandais aux mutins qui ont changé de nom. Le M23 s’appelle désormais Armée révolutionnaire du Congo (ARC).

Ley Uwera et Jacques Matand '

mardi 25 septembre 2012

Lita BEMBO MUHIMA, Le grand sportif de Goma




Né en 1959 à Goma. Lita est ainé d’une famille de 9 enfants, il fait  ses études primaires  dans une institution des prêtres nommée saint André  à l’époque colonial. Des l’âge de 12 il abandonne ses études pour se lancé dans la vente des denrées  alimentaires particulièrement les légumes puis devient vendeur ambulant des sucreries dont les bonbons, chocolat etc.

En 1977 il perd sa mère, deux ans après  c’est leur père qui les quitte. Vu qu’il est l’aîné de la famille il se voit  dans l’obligation de garder ses frères et les nourrir pour que ces derniers survivent.
C’est en 1986 que Lita Bembo débute sa carrière sportive dans l’équipe de Mangwele. Une équipe constituée des miliaires FAZ (Forces armées zaïroises) au cercle sportif de Goma. Sa première participation au marathon fut celle que le président sportif SELEMBE de la province voisine de Bukavu avait organisée à Goma à l’occasion de son jubilé. Lita fut Cinquième de la tournois, un bon début pour lui. Il continue sans relâche ses entrainements. « Je me levais chaque jour à quatre heure du matin pour me réchauffer les muscles et être en forme  parcourant au moins cinq kilomètres ».

En  Aout 1988 il participe au marathon qu’organise l’hôtel de grands lacs pour sa publicité. «  On nous avait embarqué en voiture jusqu'à Sake (Une cité du territoire de Masisi)  nous devions courir de Sake vers Goma, 27 km en Cinquante  minutes, il en sorti 6 ème. Et comme récompense on nous  offra un diner à  l’hôtel des grands lacs ; disons qu’a cette époque c’était un luxe et pas donné pour tout le monde »
Une année après  c’est un collectif des magasiniers de la ville de Goma qui  organisa un tournoi dans l’ultime but de proclamer le meilleur marathonien de l’année. Deux équipes s’affrontent pour le concours ; celle de Goma et de Bukavu. Avec l’appui de son sponsor Patrick Dananier  un français qui habitait la ville volcanique et sportif des motos de course à cette époque. Lita remporte le tournoi et en sort premier en course pour le compte de Goma avec une somme de 10$ comme prix.

Le Sport et Dieu

Loin du Sport Lita est un homme qui croit en Dieu est ses merveilles. Il Combine les deux. Au début de ses années sportives il adhère en même temps la chorale la Fontaine à l’église Saint Esprit pour servir le seigneur. Vers 1996 Il laisse celle-ci pour la commission d’accueil «  J’ai préféré quitter la chorale parce qu’au file des années j’ai remarqué qu’il y avait des imperfections  à l’église avec le comportement de certains chrétiens, ils ne respectaient pas le culte. Il fallait que quelqu’un change cela »
 On le reconnaît dans sa rigueur. Toujours coriace et pour lui chaque chose doit être bien fait et en ordre  que ca soit à la maison ou à l’église. Raconte Pablo un de ses neveux. 

En 2006, Il prit sa retraite. Mais continue avec les exercices pour rester en forme comme tout sportif. Un matin en  revenant d’un jogging sur la route du rond point des banques (BDGL) Lita se casse la jambe. Il suit des soins appropriés dans un centre pour handicapés. Hélas !   Il ne s’en sort pas. Les médecins finalement lui octroi des béquilles pour tout déplacement.
Lita n’a aucune fortune. Pour survivre il se contente des petits dons lui accordés  par certains chrétiens de bonne fois.
Cependant, il reste à ce jour un fervent chrétien au sein de son église comme serviteur de Dieu.